Rouler de nuit m’a forcé à revoir tout mon équipement d’éclairage

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Homme cycliste de nuit révisant son équipement d'éclairage pour sécurité et mobilité urbaine

Le faisceau blanc a sauté du cours des 50-Otages à la rue de Strasbourg, à Nantes, puis le noir m’a mangé la chaussée. J’ai serré le guidon, parce que ma lampe d’origine dessinait un cercle pâle à deux mètres du vélo. Sur le bitume, un joint de goudron m’a surpris, et j’ai senti ma vitesse tomber d’un coup.

Au départ, je pensais que mon équipement basique ferait l’affaire

Au départ, je pensais que mon équipement basique ferait l’affaire. J’ai roulé longtemps avec une lampe avant achetée en grande surface, et un feu arrière discret. Je partais plusieurs soirs par semaine après 19 heures, avec les devoirs des enfants, puis un détour par l’école ou le supermarché.

Je ne voulais pas mettre 70 € dans une lampe, parce que je croyais qu’une lampe avant restait une lampe avant. Mon feu arrière clignotait encore, et je pensais que cela suffisait pour être vu dans la circulation. Avec deux enfants à la maison, je cherchais surtout un montage simple, rapide à enlever, et qui ne me fasse pas perdre dix minutes à chaque arrêt.

Je pensais qu’un chiffre de lumens disait tout. À mes yeux, 1 000 lumens paraissaient plus rassurants que 600, et je n’avais pas regardé le faisceau. Je n’avais pas compris non plus qu’un support un peu souple peut bouger au premier nid-de-poule et changer tout le réglage.

À ce stade, je me disais que la route devait juste être assez claire devant moi. Je me trompais déjà. Quand je rentrais tard, je voulais surtout éviter les trous, les branches basses et les bordures mal vues.

Le moment où j’ai vraiment compris que ça ne marchait pas

Vers 20h30, un soir de ciel clair et froid, j’ai quitté une rue bien éclairée près du boulevard Gustave-Roch. Je suis parti sur une portion sans éclairage public, avec une légère humidité sur l’asphalte. D’un coup, la route m’a paru vide devant la roue, alors que ma lampe était pourtant allumée.

Je me suis retrouvé à fixer le halo devant moi au lieu de lire la chaussée. Un nid-de-poule m’a surpris, puis un petit rebord de goudron a fait tressauter la roue avant. La lampe éclairait fort au centre, mais les côtés restaient sombres, et je ne voyais pas mieux les irrégularités.

Le pire, c’est que j’avais monté la lampe trop haut. Le faisceau tapait dans les pare-brise et dans les yeux des cyclistes qui arrivaient en face. J’ai vu mon reflet sur plusieurs vitres, et j’ai compris que mon angle était mauvais.

Je me suis aussi trompé sur l’arrière. Mon feu arrière clignotait, mais ma sacoche le cachait dès que je me penchais un peu. Sous la pluie fine, il semblait presque s’éteindre de côté, et je n’étais pas aussi visible que je le pensais.

Le début d’une série de tests et d’ajustements

Le lendemain, j’ai sorti le vélo dans le garage et j’ai regardé chaque point de fixation. J’ai mesuré la lampe à 78 centimètres du sol, puis j’ai reculé de trois mètres pour voir la tache au mur. Le support avait pris un peu de jeu, et le faisceau montait déjà plus haut que la veille.

J’ai acheté une lampe avant de 600 lumens, avec faisceau à coupure nette, pour 70 €. Le bloc se recharge en USB-C, et le voyant de batterie reste lisible d’un coup d’œil. J’ai été convaincu dès le premier trajet propre, parce que la lumière coupait net en haut et ouvrait large en bas.

Sur les pavés de la rue de Feltre, j’ai vu la différence tout de suite. Le faisceau ne vibrait presque pas, et la tache lumineuse restait posée sur la route au lieu de danser sur les panneaux. Quand je chargeais le vélo après avoir récupéré mes deux enfants, je voyais aussi que l’angle changeait d’un rien avec le poids.

J’ai aussi déplacé le feu arrière plus haut, sur la tige de selle, et j’ai laissé tomber le clignotement rapide. En mode fixe, le point rouge restait lisible sous la pluie et au milieu des voitures. Les catadioptres et les bandes blanches au sol ressortaient mieux, et je voyais enfin ce contraste net derrière moi.

Ce que je sais maintenant et que j’ignorais au départ

J’ai fini par comprendre que la puissance brute ne disait pas grand-chose sans un bon dessin du faisceau. Une lampe annoncée à 1 000 lumens m’a laissé une route floue sur un trajet de 11 kilomètres, alors qu’une autre à 600 m’a paru plus claire sur le même chemin. J’ai appris qu’un faisceau mal réglé ment plus qu’il n’éclaire.

L’hiver m’a aussi rappelé que la batterie n’aime pas le froid. Un mardi de janvier, le voyant est passé du vert au rouge discret en 12 minutes, puis la lampe a basculé sans prévenir dans un mode faible. Je suis rentré par les quais, un peu agacé, avec cette impression de tirer jusqu’au bout sur une réserve déjà vide.

J’ai galéré une autre fois parce que le feu arrière était resté derrière la sacoche de mon vélo cargo. De dos, je le voyais bien, mais de biais il disparaissait presque. J’ai compris ce soir-là que l’emplacement compte autant que la puissance, et que le feu casque ou la tige de selle changent vraiment la lecture.

Je ne sais pas si ce réglage conviendrait à tout le monde, mais sur mes trajets du soir il m’a rendu les choses plus calmes. Une lampe avant polyvalente, un feu arrière stable, et un indicateur de charge lisible me suffisent mieux qu’un chiffre flatteur. J’ai été convaincu surtout quand j’ai cessé de courir après le mode plein.

Mon bilan personnel après plusieurs mois à rouler de nuit

Après plusieurs mois, je regarde mon éclairage comme je regarde les freins ou les pneus. Un soir de pluie, sous le pont Anne-de-Bretagne, j’ai évité une bordure parce que la lampe dessinait enfin la cassure du bitume. Avant ça, je pensais être surtout vu. Maintenant, je sais que je veux aussi voir.

Je referais sans hésiter le réglage sur sol plat, puis le contrôle après chaque chargement du vélo. Je garderais aussi un indicateur de batterie bien lisible, parce que le voyant qui passe du vert au rouge ne pardonne pas quand je pars tard. Et je ne négligerais plus jamais le feu arrière, surtout quand la pluie colle tout au cadre.

Je ne referais pas l’erreur d’acheter sur le seul nombre de lumens. Je ne laisserais plus non plus un support mal serré me déplacer le faisceau à chaque sortie. Quand j’ai vu mes propres ombres danser sur le trottoir avec ce nouveau faisceau, j’ai su que je ne reviendrais jamais en arrière.

Pour quelqu’un qui accepte de vérifier sa charge, de reprendre l’angle et de sortir le feu arrière de la sacoche, le soir devient moins tendu. Moi, je garde maintenant une petite marge de charge avant chaque départ, et je ne pars plus au hasard. Sous le pont Anne-de-Bretagne, cette simplicité m’a paru plus solide que n’importe quel chiffre.

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La rédaction